Les 22es Journées de la Société Francophone du Nerf Périphérique

A voir ou à revoir !

Voir, revoir, présenter et diffuser les présentations des 22es Journées de la SFNP ?

C’est désormais possible en visionnant les vidéos des conférences des sessions Chercheurs-Cliniciens, communications orales et posters flash du vendredi, et l’ensemble des sessions du samedi.

Ces 2 journées ont été intenses et suivies par une audience attentive du début à la fin de la réunion : l’extension de ces journées avec une session nouvelle au vendredi matin avec sa réunion Chercheurs-Cliniciens a donc été bien perçue et incite à poursuivre ces interactions.

Deux autres remarques réjouissantes : la participation active des jeunes collègues et l’ambiance positive et plutôt amicale des participants .

 

Merci à tous !

Thierry KUNTZER, Président de la SFNP

CHUV Lausanne, Suisse

Réunion commune Chercheurs-Cliniciens

 

Quelles cibles moléculaires pour le traitement des neuropathies périphériques chimio-induites ?

Jérôme BUSSEROLES (Clermont-Ferrand)

De nombreux agents de chimiothérapies anticancéreuses ont des effets neurotoxiques conduisant au développement d’une neuropathie périphérique chronique. L’incidence de ces neuropathies est dépendante de la molécule utilisée, de la dose reçue par cycle, du schéma d’administration, de la dose cumulée et de la durée de perfusion. Du fait du nombre grandissant de patients en rémission ou guérit, de l’impact délétère sur leur qualité de vie et du surcoût engendré, la recherche de traitements représente un enjeu médical et sociétal important, d’autant qu’aucun traitement n’est, à l’heure actuelle, efficace pour prévenir ou traiter ces neuropathies. Une meilleure compréhension de la physiopathologie des neuropathies chimioinduites devrait permettre la découverte de nouvelles cibles moléculaires le développement de molécules originales et bien tolérées pour permettre une meilleure prise en charge de ces patients neuropathiques. Le repositionnement de molécules déjà commercialisées et qui ont une action modulatrice sur ces cibles est une alternative. Nous prendrons comme exemple l’étude des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement et la chronicisation de la neuropathie induite par l’oxaliplatine. Nous avons en effet mis en évidence un certain nombre de canaux ioniques, canaux HCN1, HCN2 et TREK-1 notamment, qui se révèlent être des cibles d’intérêt. Des molécules modulatrices de l’activité de ces canaux sont déjà disponibles en clinique, ce qui favorise un passage rapide aux études cliniques et peu risqué compte tenu de leur bonne tolérance, que ce soit pour l’ivabradine (bloqueur des canaux HCN), ou le riluzole (activateur des canaux TREK). L’élargissement de l’utilisation de ces molécules ou de modulateurs plus spécifiques des canaux HCN et TREK-1 à d’autres neuropathies chimio-induites est également une perspective de recherche à court et moyen terme de notre équipe.

Peau, neurones et perceptions pathologiques

Laurent MISERY (Brest)

La peau, organe sensoriel sophistiqué et densément innervé, peut être à l’origine de sensations pathologiques ; prurit, douleur, mais aussi sensations de picotements, brulures, fourmillements, décharges électriques … Ces sensations peuvent être associées et avoir des origines multiples, qui résident en général dans les interactions entre cellules cutanées (surtout kératinocytes et cellules immunitaires) et neurones.

Notre équipe travaille sur ces interactions, en centrant nos recherches sur le prurit. Nous étudions tous les aspects, des plus fondamentaux aux plus cliniques, sans oublier les aspects psychologiques.

Nous avons mis au point plusieurs modèles d’étude in vitro, qui sont des co-cultures de neurones avec la peau entière, l’épiderme, les kératinocytes ou les cellules de Merkel. Nous réalisons alors des mesures biochimiques ou électrophysiologiques afin de mieux comprendre les mécanismes en jeu (exemples : ciguatera, dermatite atopique, peaux sensibles) ou tester des substances actives. In vitro, nous mettons en évidence la formation de connexions entre cellules épidermiques et neurones.

Du point de vue clinique, nous nous intéressons à tous les prurits, qu’ils soient d’origine cutanée, systémique, neuropathique ou psychogène. Dans le cadre du prurit neuropathique, nous nous intéressons particulièrement aux neuropathies des petites fibres (et organisons une consultation conjointe) et aux peaux sensibles, qui semblent être un équivalent mineur.

Novel mechanisms in peripheral nerve injury-induced neuropathic pain

Patrick CARROLL (Montpellier)

Affectant environ 7% de la population, les douleurs neuropathiques chroniques représentent un enjeu clinique et socio-économique de premier plan. Les douleurs neuropathiques résultent d’une lésion ou d’un dysfonctionnement du système nerveux périphérique (90% des cas) secondaires au diabète, au sida, à des traumas (sections d’un nerf, douleurs post-chirurgicales, amputation), à un zona ou faisant suite à certaines chimiothérapies et traitements antirétroviraux. Une douleur qui dure depuis plus de trois mois est considérée comme une douleur chronique n’ayant plus le caractère protecteur de la douleur aiguë. Les mécanismes exacts par lesquels la douleur neuropathique est induite et maintenue restent obscurs à ce jour. Il est connu qu’une partie du processus pathologique implique une activité anormale des neurones sensoriels des ganglions rachidiens dorsaux (GRDs). Cette activité neuronale aberrante induit des modifications au niveau des centres traitant la douleur au sein de la corne dorsale de la moelle épinière. Je présenterai les résultats récents de notre équipe qui portent sur les mécanismes qui sous-tendent les douleurs neuropathiques induites par lésion nerveuse. Ces études nous a permis d’identifier des nouvelles cibles moléculaires et de lancer des projets qui visent à développer des traitements innovants.

Table ronde : POURQUOI, OU, QUAND, COMMENT valoriser les interactions clinicien-chercheur ?

Modérateurs : Nicolas TRICAUD, Jérôme DEVAUX (Montpellier), Jean-Christophe ANTOINE (Saint-Etienne)

Please reload

Communications orales sélectionnées

 

Comparaison de l’IRM et des PEM avec triple stimulation pour objectiver des anomalies du plexus brachial dans les neuropathies motrices multifocales avec blocs de conduction

Emilien DELMONT (Marseille)

La présence de blocs de conduction (BC) distingue les neuropathies motrices multifocales (NMM) des maladies du neurone moteur. L’ENMG ne permet pas de détecter les BC au-dessus du point d’Erb. Les potentiels évoqués moteurs avec technique de triple stimulation (TST) et l’imagerie par résonnance magnétique permettent d’explorer le plexus brachial et d’objectiver des anomalies en rapport avec la maladie

Notre objectif est de comparer la sensibilité de la TST et de l’IRM pour détecter les anomalies du plexus brachial dans les NMM

Les anticorps anti-neurofascin-155 IGG4 affectent la structure des paranoeuds dans un modèle animal

Jérôme DEVAUX (Montpellier)

La Contactin-1, contactin-associated-protein-1 (caspr1), et neurofascin-155 (Nfasc155) sont essentielles pour la formation des jonctions axo-gliales paranodales. Des anticorps de type IgG4 contre la contactin-1, caspr1, et la Nfasc155 ont été associés avec des sous-groupes de patients souffrant de polyradiculonévrite inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC). Il a été démontré que les IgG4 anti-contactin-1 sont pathogènes et affectent les jonctions axogliales paranodales in vivo et in vitro. Par, les mécanismes par lesquels les anticorps de type IgG4 ciblent la Nfasc155 ne sont pas connus.

Neuropathies périphériques sensitives associées aux anticorps antiFGFR3. Étude prospective multicentrique

Jean-Christophe ANTOINE (Saint-Étienne)

Lors d’une étude monocentrique rétrospective, dans anticorps réagissant avec le domaine intracellulaire de FGFR3 ont été observés lors de neuropathies  sensitives non longueur dépendantes.  Nous présentons ici les résultats intermédiaires d’une étude prospective multicentriques. 

Une nouvelle mutation du gène LRSAM1 à l’origine d’une forme axonale de Maladie de Charcot-Marie-Tooth associée à un phénotype ataxique

Maud PERIE (Clermont-Ferrand)

Des mutations du gène LRSAM1 ont été identifiées dans les formes axonales de maladies de Charcot Marie Tooth (CMT). LRSAM1 code une ubiquitine ligase E2 exprimée dans les motoneurones et les neurones sensitifs. Cette neuropathie se caractérise par un déficit moteur longueur dépendant associé à une perte de sensibilité. Nous rapportons 7 familles porteuses d’une nouvelle mutation du gène LRSAM1 associée à une ataxie au premier plan.

Please reload

Posters Flash sélectionnés

 

Mutation du gène PIEZO2 responsable d’un tableau autosomique récessif associant arthrogrypose, scoliose, insuffisance respiratoire congénitale, hyperlaxité et atteinte proprioceptive

Marion MASINGUE (Paris)

Les mutations homozygotes du gène codant pour PIEZO2, un canal à cation mécano-sensible, peuvent être responsables d’une arthrogrypose distale avec détresse respiratoire néonatale, scoliose et atteinte proprioceptive.

Angiotensin II type 2 receptor stimulation decreases sensory neuropathy induced by vincristine in mice

Flavien BESSAGUET (Limoges)

Neuropathic pain is the major dose limiting effect of many used chemotherapy such as Vincristine (VCR). Recently, we demonstrated that candesartan (AT1R antagonist) was neuroprotective against sensory neuropathy induced by resiniferatoxin (RTX) and that its neuroprotective effect is indirect and mediated by stimulation of AT2R. Thus, we choose to evaluate the effect of a preventive treatment of candesartan or of C21 (specific AT2R agonist) on a mouse model of mechanical allodynia induced by VCR.

Reasons for Discontinuation of TTR stabilizers and/or TTR fibril disrupter: An Analysis of Baseline Demographics of Patients with hATTR amyloidosis in the Phase 3 APOLLO study

David ADAMS (Le Kremlin-Bicêtre)

hATTR amyloidosis is a rapidly progressive, life-threatening disease. Only tafamidis is approved for hATTR  and is limited to select countries. Recent data suggest disease progression may occur with tafamidis. Diflunisal (NSAID) and doxycycline (TTR fibril disrupter) are used off-label for hATTR.Patisiran, an investigational RNAi therapeutic targeting hepatic TTR production, is being studied in a Phase 3 trial (APOLLO).This abstracts describe the demographics of patients receiving tafamidis, diflunisal, and/or doxycycline prior to APOLLO enrollment and physician-reported reasons for discontinuation

Néovascularisation cutanée en tant que biomarqueur diagnostique précoce dans le syndrome POEMS : une étude cas-témoin préliminaire

Camille GUIBERT (Limoges)

Le syndrome POEMS est une maladie rare dont le diagnostic reste difficile. Des biomarqueurs comme le taux de VEGF sanguin ou la quantification des fibres nerveuses intra-épidermiques (FNIE) sont des outils déjà utilisés dans l’approche diagnostique.

L’objectif principal de notre étude est d’étudier la néovascularisation dans la biopsie cutanée de patients POEMS et de le valider comme potentiel biomarqueur.

Les objectifs secondaires consistent à confirmer si cette vascularisation cutanée est corrélée à la perte en FNIE, au VEGF, et à la vascularisation dans la biopsie nerveuse

Polyneuropathie axonale sensitivomotrice CMT-like révélant une Neurofibromatose de type 2, cas clinique

Antoine PEGAT (Bron)

Les auteurs décrivent le cas d’un patient de 29 ans présentant un tableau de polyneuropathie sensitivomotrice axonale CMT-like permettant de diagnostiquer une Neurofibromatose de type 2 (NF2). 

Burning hands and feet of acute onset in 4 children with a smallfibre neuropathy with a monophasic course

Nicole FAIGNART (Lausanne, Suisse)

Sudden onset of paroxysmal pain in extremities in a child can be puzzling, such as occurring in erythromelalgia (EM). EM is defined as a triad of paroxysmal red, hot and painful extremities, often associated with autonomic dysfunction. Possible aetiologies are genetic mutations (SCN9A), blood dyscrasia and small-fibre neuropathy (SFN). SFN involves small myelinated (Ad) and/or unmyelinated (C) fibres of the peripheral nervous system mediating pain, thermal sensation and autonomic function.

Axon reflex-mediated vasodilation is reduced in proportion to disease severity in familial amyloid polyneuropathy

Thierry KUNTZER (Lausanne, Suisse)

Axon reflex-mediated neurogenic cutaneous vasodilatation in response to histamine reflects C-fibre dysfunction. We aimed to evaluate the area of the vascular flare in familial amyloid polyneuropathy (FAP).

Please reload

Session 1 "Neuropathies diabétiques et neuropathies des nouvelles thérapies"

 

Neuropathies diabétiques : point de vue du diabétologue

Paul Élie VALENSI (Bondy)

Les neuropathies diabétiques touchent le système nerveux périphérique avec des symptômes altérant la qualité de vie, un risque de chutes/fractures et des conséquences majeures pour le pied et le système nerveux autonome avec différentes manifestations fonctionnelles et pour conséquences majeures l’infarctus du myocarde silencieux et la mort subite.

Dans l’histoire naturelle des neuropathies du continuum glycémique l’atteinte des petites fibres périphériques et la dysfonction parasympathique cardiaque semblent les plus précoces, dès l’obésité, le prédiabète, le syndrome métabolique, avec un rôle de l’insulinorésistance, du stress oxydant et inflammatoire. L’atteinte des grosses fibres myélinisées, sans doute ultérieure, est associée au déséquilibre glycémique et aux facteurs/marqueurs de risque cardio-vasculaire.

Chez les diabétiques ou prédiabétiques souffrant de douleurs d’allure neuropathique le diagnostic de neuropathie doit s’appuyer si besoin sur l’atteinte des petites fibres. Celle-ci, toutefois souvent asymptomatique, doit conduire à des mesures préventives pour les pieds.

La neuropathie autonome cardio-vasculaire (NAC) peut être détectée par des épreuves standard (variations de fréquence cardiaque) qui témoignent d’un déficit parasympathique avec prédominance sympathique, à potentiel pathogénique cardio-vasculaire. Ce dépistage devrait être largement pratiqué et si positif suivi du bilan des conséquences.

Les mesures hygiéno-diététiques sont efficaces sur l’atteinte des petites fibres et vago-sympathique, le contrôle glycémique sur ces cibles dans le diabète de type 1, le contrôle multifactoriel (glycémique, lipidique, tensionnel) sur la NAC dans le diabète de type 2.

Neuropathies diabétiques : point de vue du neurologue

Pierre LOZERON (Paris)

Une augmentation de l’incidence de la neuropathie diabétique est attendue pour les 20 prochaines années en raison de la progression épidémique du diabète. Depuis sa première mention par Avienne la neuropathie reste mal comprise, difficile à caractériser et peu accessible aux traitements. De nombreux progrès ont cependant été réalisés. Au-delà du modèle glucocentré basé sur la toxicité axonale et microvasculaire de l’hyperglycémie chronique, le rôle du syndrome métabolique et de la cellule de Schwann a plus récemment été partiellement clarifié. Le diagnostic précoce, essentiel au dépistage des sujets a risque de maux perforants, reste difficile. Suivant les auteurs, il repose sur une combinaison d’éléments anamnestiques, physiques, d’explorations fonctionnelles ou morphologiques rendant les comparaisons entre études délicates. La mise en évidence, sur la base de méthodes d’exploration essentiellement morphologiques, d’une atteinte des petites fibres considérées comme les premières atteintes est actuellement retenue. Le bénéfice thérapeutique de l’équilibre glycémique n’a été démontré que pour le diabète de type 1 et aucune des molécules visant les voies métaboliques du modèle glucocentré n’a de d’influence significative. Diverses nouvelles stratégies thérapeutiques semblent cependant prometteuses. La mise à disposition des patchs à la Capsaïcine dans cette indication est un espoir pour lutter contre certaines douleurs rebelles.

Synthèse

Neuropathies de nouvelles chimiothérapies et de greffe de moelle osseuse

Cécile CAUQUIL (Le Kremlin-Bicêtre)

L’avènement de thérapies ciblées en oncologie a transformé le pronostic de certains cancers, mais induit  de nouvelles complications. Les inhibiteurs des check-point (anti PD1, PDL1 et CTLA4) sont à l’origine de complications auto-immunes, parmi lesquelles des atteintes neurologiques centrales et périphériques (SNP). Les atteintes du SNP sont de 3 types : les syndromes myasthéniques, les myosites, les neuropathies dysimmunes. La prise en charge repose sur l’immunomodulation et l’arrêt du traitement en cause. Une série de 10  patients vus dans notre centre illustrera ces atteintes périphériques.

Les indications de la greffe de cellules souches ont été élargies en hématologie. Des neuropathies périphériques ont été décrites au décours, de causes infectieuses, toxiques ou infiltratives, mais existent aussi des neuropathies dysimmunes en lien avec une réaction du greffon contre l’hôte (GVH). Ces neuropathies sont hétérogènes et répondent à un traitement spécifique ciblant l’immunité cellulaire.

La caractérisation de ces nouvelles formes de neuropathies peut s’avérer complexe chez des patients aux associant: traitements neurotoxiques, immunodépression, néoplasie incontrôlée… Une expertise neurologique et une bonne collaboration avec les onco-hématologues, idéalement par le biais d’un réseau dédié, sont nécessaires pour optimiser la prise en charge de ces patients.

Observation didactique

Pascal CINTAS (Toulouse)

Nous rapportons le cas d’un patient agé de 65 ans qui développe depuis 2 ans des douleurs neuropathiques des membres inférieurs associées à des crampes et des troubles de déglutition.

Dans ses antécédents on retient une séquelle brachiale gauche sévère d’atteinte obstétricale du plexus brachial et une séquelle radiculaire sévère L4-L5 gauche.

Sur le plan familial, son père et son oncle seraient décédés d’une SLA bulbaire vers l’age de 70 ans.

A l’examen, on retrouve au-delà de ses séquelles périphériques une atteinte sensitive multimodale des membres inférieurs, des fasciculations diffuses des 4 membres du tronc et de la langue associées à une amyotrophie linguale évoluée.

Please reload

Session 2 "POEMS, dysautonomies, prescrire une rééducation"

 

POEMS : parcours diagnostique et actualités thérapeutiques

Laurent MAGY (Limoges)

Le syndrome POEMS est une entité rare dont la définition classique associe Polyneuropathie, Organomégalie, Endocrinopathie, gammapathie Monoclonale et anomalies cutanées (S pour Skin). La physiopathologie du syndrome fait intervenir une production anormale de VEGF déclenchée le plus souvent par une immunoglobuline monoclonale à chaîne légère lambda.  En fait, le syndrome POEMS est le plus souvent incomplet et son délai diagnostic est beaucoup trop long eu égard à la perte axonale souvent précoce et irréversible. Les neurologues sont souvent en première ligne pour le diagnostic de ce syndrome car le motif de consultation le plus fréquent est la polyneuropathie. Certains "drapeaux rouges" doivent ainsi alerter et rapidement faire évoquer le syndrome et déclencher éventuellement l'expertise d'un centre de référence. La prise en charge initiale et ultérieure exige une parfaite collaboration entre neurologues et onco-hématologues, pour gagner du temps dans la phase diagnostique et améliorer le suivi à long terme et le dépistage des rechutes éventuelles. La prise en charge thérapeutique du syndrome POEMS n'est pas encore parfaitement codifiée même si la transplantation de cellules souches autologues est probablement la meilleure option. Chez les patients pour lesquels cette thérapeutique n'est pas faisable, plusieurs options thérapeutiques sont explorées.

A partir de données préliminaires d'une PHRC français dont les inclusions sont terminées depuis peu, nous pouvons dresser un panorama général du tableau clinique et neurophysiologique du syndrome, du parcours des patients avant le diagnostic, de la prise en charge initiale et de la réponse au traitement. Les données que nous présenterons montrent notamment des délais diagnostiques parfois longs, un délai également long entre la première suspicion diagnostique et la prise en charge. Par ailleurs, on constate un décalage net entre réponse biologique et réponse clinique, ce qui doit faire réfléchir sur une optimisation des critères de jugement des essais thérapeutiques dans cette maladie pour laquelle le mot pluridisciplinaire prend particulièrement son sens.

Comment explorer le système nerveux autonome en 2018 ?

Anne PAVY-LE TRAON

Rechercher une dysautonomie a un intérêt diagnostic et pronostic (dysautonomie CV) dans de nombreuses pathologies neurologiques centrales ou périphériques.  En dehors d’un examen clinique orienté utilisant au besoin des questionnaires dédiés, l’exploration du SNA reste basée sur les tests CV  grâce à l’enregistrement en continu de la fréquence cardiaque (FC) et de la pression artérielle (PA) de façon non invasive. La réactivité de la FC et de la PA lors de différentes stimulations physiologiques permet d’évaluer le fonctionnement des systèmes sympathique et parasympathique et du baroréflexe.  L’analyse de la variabilité de la FC par de techniques mathématiques donne des informations sur la régulation CV du SNA notamment par le système parasympathique et contribue au dépistage précoce de la dysautonomie  (ex diabète). L’étude de la réponse sudoro-motrice est souvent réalisée pour dépister une atteinte précoce des petites fibres sympathiques post-ganglionnaires. Différentes techniques sont disponibles  (Quantative Sudomotor Axon Reflex Test, Sweat Imprint, conductance électrochimique cutanée (SUDOSCAN),  ...). En fonction des pathologies et des symptômes d’autres tests peuvent être réalisés au sein du laboratoire du SNA (dosage des cathécholamines, réactivité pupillaire, microneurographie (recherche), …) ou par d’autres spécialistes (transit isotopique (gastroparésie), bilan uro-dynamique, …). Les indications et limites des différents tests seront discutées. 

Comment prescrire une rééducation en pathologie nerveuse périphérique ?