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Revue de la littérature récente sur les neuropathies périphériques

Actualités en imagerie du nerf périphérique (PETs, IRM, echo)

Jérôme HODEL (Créteil)

L’objectif de cette revue de la littérature est de faire le point sur les avancées actuelles de l’imagerie par résonance magnétique pour l’exploration du système nerveux périphérique (SNP). L’imagerie du SNP suscite de plus en plus d’intérêt auprès des radiologues compte tenu des nouvelles possibilités techniques qui s’offrent à eux : nouvelles séquences IRM permettant de mieux imager les structures nerveuses et d’aborder des aspects fonctionnels, mais aussi progrès des imageurs eux-mêmes (nouvelles
antennes dédiées, imagerie à haut champ permettant d’accéder à une meilleure résolution spatiale). Des progrès significatifs récents ont ainsi pu être réalisés tant pour l’imagerie des nerfs crâniens que des plexus (brachial ou lombo-sacré) : on parle désormais d’un protocole de « neurographie par IRM ». Nous présenterons les dernières avancées dans ce domaine. Lors de cette présentation nous reviendrons également sur l’apport de l’imagerie pour certaines problématiques cliniques courantes comme la mise en évidence d’anomalies des racines lorsque la clinique et l’ENMG sont peu spécifiques ou encore la recherche d’arguments en faveur de lésions inflammatoires du SNP. Nous terminerons par une brève revue des perspectives de développement dans ce nouveau domaine de l’imagerie. 

Actualités en thérapeutique

Julien CASSEREAU (Angers)

Pour les neuropathies dysimmunitaires, Misawa et al. font état des résultats d’une étude de phase 2 sur la tolérance et l’efficacité de l’éculizumab dans le syndrome de Guillain-Barré (SGB). Cette étude n’a pas mis en évidence d’effet significatif sur le critère principal de l’étude mais les analyses des critères secondaires montrent que ce traitement pourrait avoir un intérêt dans le SGB
ce qui pourrait justifier la réalisation d’études randomisées et contrôlées sur de plus grands effectifs pour caractériser les patients qui pourraient bénéficier d’un tel traitement dont le coût reste actuellement très élevé. L’étude FORCIDP Trial a étudié l’efficacité du fingolimod contre placebo dans les polyradiculonévrites inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC) chez des patients dépendants des IgIV ou des corticoïdes. Cette étude a été interrompue précocement en raison d’un taux de rechutes comparable entre les 2 groupes. D’autres études sont nécessaires pour déterminer la place des immunosuppresseurs dans la stratégie thérapeutique des PIDC. L’étude PATH, une étude de phase III contre placebo a montré que l’administration d’Ig par  voie sous-cutanée (IgSC) était bien tolérée et permettait de réduire le taux de rechutes chez les patients atteints de PIDC ce qui suggère que les IgSC peuvent être utilisée en traitement d’entretien chez ces patients. Une étude comparant les IgIV et les IgSC serait souhaitable pour déterminer si la voie SC peut être une alternative à la voie IV avec une efficacité comparable. Cette année 2018 a surtout été marquée par l’avènement de thérapies géniques et la perspective de l’utilisation de médicaments innovants dans l’arsenal thérapeutique des neuropathies héréditaires. Concernant les neuropathies amyloïdes familiales liées aux mutations de la transthyrétine (TTR), l’étude de phase III (étude NEURO-TTR) testant l’Inotersen, un oligonuleotide antisens administrée par voie sous-cutanée, a montré un bénéfice très significatif sur les deux critères principaux. Deux effets indésirables graves ont été identifiés au cours de l’étude : la thrombocytopénie et le dysfonctionnement rénal. Le second essai thérapeutique concerne le Patisiran, un ARN interférent (ARNi), inhibant spécifiquement la synthèse hépatique de la TTR. Dans
l’étude de phase III (étude APOLLO), le Patisiran administré par voie IV toutes les 3 semaines a été comparé au placebo. Les résultats de cette étude montrent un arrêt de la progression de la maladie pour tous les critères d’évaluation primaires et secondaires, sans effet indésirable grave rapporté. Ces 2 traitements ont reçu l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Dans les maladies de Charcot-Marie-Tooth (CMT), l’étude PLEO-CMT, une étude de Phase III a évalué l’efficacité et la tolérance de PXT3003 (association de Baclofène, Naltrexone et Sorbitol) comparativement au placebo chez des patients atteints de CMT1A. Les résultats annoncés par la société Pharnext semblent montrer une amélioration significative de l’échelle ONLS chez les patients CMT1A. Les résultats de cette étude n’ont pas encore été publiés mais Pharnext a annoncé son intention de déposer le dossier d’AMM. Enfin, des études précliniques réalisées sur des modèles murins ouvrent des perspectives thérapeutiques intéressantes dans les CMT : oligonucléotides anti-sens dans les CMT1A, inhibition de l’histone déacétylase HDAC6 dans les formes de CMT impliquant les gènes HSPB1 et GARS. Ces données encourageantes nécessitent d’être confortées par des études chez l’homme, HDAC6 étant déjà une cible thérapeutique dans des études cliniques en cancérologie. 

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